Site de Lionel Caro

Frange d'Océan

Propos sur la peinture

Je suis né le : 9 août 1954 et j’expose régulièrement depuis 1982. Je vis et je travaille en Bretagne sous une lumière particulièrement sensuelle et émotive.

Mes premiers balbutiements en peinture non figurative ont été guidés par le dessin et le goût du mouvement. Du premier j’en ai gardé la rigueur de la construction et du second la vivacité du mouvement qui est, aujourd’hui, le métronome de ma musique intérieure : c’est-à-dire une mélodie modulée par l’énergie et la contemplations des éléments qui nous entourent. Le temps nous apprend à regarder la nature et ce qui contribue à son essence. Le travail de la peinture est de caresser cette lumière intérieure qui va faire vibrer « l’entre vu » et ainsi donner naissance à une peinture qui se capte lentement.

Ainsi que nous l’apprend la peinture, il est plus important de suggérer, c’est-à-dire de montrer sans faire voir et ainsi libérer l’âme du sujet par le travail de la lumière, ce qui –lorsque tout se passe bien- alimentera l’émotion de celui qui regarde et laissera glisser le temps, dans le parcours de la genèse de l’échange. La fidélité « au vu » n’est qu’une illusion, il est beaucoup plus important d’être infidèlement exact dans la musique de la matière et la couleur de la lumière pour ainsi espérer capter et transmettre « la vibration intérieure » de la nature.

Je suis convaincu que tout est dans la nature et que rien n’est plus difficile que de peindre celle-ci ; aussi faut-il tendre vers l’harmonie interne du paysage en lui étant –le plus possible- infidèlement exact.

Le mouvement est le squelette d’une écriture intérieure ; non pas pour son sens, mais pour son énigmatique esthétique et par conséquent son invitation au voyage. Parti de cette attirance magique, c’est devenu, aujourd’hui, une nécessité qui s’est métamorphosée picturalement en symbolisation des éclats de l’Océan Atlantique.

Ma peinture repose sur la rythmique du vide et du plein. Les parties blanches (musique de la lumière) ne sont pas à regarder et/ou à entendre comme des espaces nus, mais bien au contraire comme le sens qui relie les différents éléments et le spectateur ; permettant ainsi d’insérer la notion temporelle dans une situation spatiale.

Peinture et musique sont extrêmement imbriquées dans l’approche, le vocabulaire et l’action des sens. D’où l’utilisation d’un vocabulaire inter matières : musique/peinture pour un accord majeur.

Frange d’océan… Entre-deux où les vagues rencontrent la terre créant ainsi, avec la complicité de la lumière, un inter-lieu privilégié que l’imaginaire peut s’approprier.

À partir de ce constat, nous avons souhaité mener à bien une œuvre collective images/textes en partant des peintures et non des textes comme c’est souvent le cas.

Les toiles

Les tableaux reproduisent justement cet instant, cette frange, où l’eau rejoint la terre. Ils sont le substrat sur lequel peut s’élaborer la complicité des imaginaires : celui du peintre et celui de l’auteur ; le substrat d’où naît le dialogue de la couleur et du verbe.

Les textes

Les écrivains ont écrit quelques lignes sur ce qu’évoque pour eux cette rencontre des éléments : océan/terre/lumière